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VIRTUOSE 2017 : Petite histoire d’un grand succès



Entrevue avec Zhan Hong Xiao et son professeur, Richard Raymond

 
Zhan Hong Xiao et Richard Raymond | Photo © Alexandre Lirette

C’est avec plaisir que nous l’avons vu évoluer, au fil de ses prestations, aux différentes rondes de la deuxième saison de l’émission Virtuose, à ICI Radio-Canada Télé. Zhan Hong Xiao, un jeune pianiste de 17 ans a du talent à revendre, et nous avons eu envie de découvrir d’où lui est née cette passion pour la musique, et comment il a vécu sa première expérience télévisuelle. Pour en savoir plus, nous l’avons rencontré, ainsi que son professeur, Richard Raymond, quelque temps après sa victoire.

Des débuts surprenants

Zhan a commencé le piano vers l’âge de 9 ans. On pourrait croire qu’il se sentait alors déjà attiré par cet instrument en particulier, mais il nous a confié que cela n’était pas le cas. En fait, à l’école primaire la Maîtrise des petits chanteurs du Mont-Royal, qu’il commençait à fréquenter, les cours de piano étaient obligatoires. Neuf ans, c’est tard pour commencer l’apprentissage d’un instrument, si l’on compare à d’autres qui font leurs débuts en musique durant la petite enfance ! Chose encore plus surprenante, Zhan nous a confié qu’il n’aimait pas du tout cela, à l’époque, vu l’obligation.

Heureusement, à la maison, ses parents le laissaient relativement libre ; l’encadrement offert était raisonnable. Ainsi, au bout de 3 à 4 ans, il a commencé à aimer davantage pratiquer son instrument, et c’est devenu tranquillement son ambition d’en faire carrière.

Au Conservatoire de musique de Montréal...

Il y a maintenant 3 ans que Zhan suit des cours de piano avec Richard Raymond au Conservatoire. Il y a d’ailleurs demandé l’admission expressément pour avoir comme professeur cet homme qu’il considère être un très grand pianiste. «  On devrait choisir notre école en fonction du professeur, et non pour la réputation de l’établissement, pense-t-il. J’ai connu Richard Raymond grâce à un de ses élèves ; Xiaoyu Liu, qui avait gagné le grand prix au Concours de l’OSM, en 2012. Je me suis dit que si un de ses élèves remportait un aussi grand prix à un si jeune âge, c’est qu’il devait être un bon professeur. »

Ainsi, avant de faire sa demande d’admission, Zhan s’est intéressé à M. Raymond en lisant sa biographie et en écoutant ses enregistrements sur le Web. Il dit aussi avoir assisté à l’un de ses concerts. «  Il a une impressionnante feuille de route et a remporté plusieurs prix de prestige, alors les critiques qu’il fait sont toujours très pertinentes, relate-t-il. De plus, j’apprécie l’honnêteté avec laquelle il commente mon interprétation : il va droit au but, c’est très clair. Il dit les choses comme il les pense ; il n’essaie pas d’amadouer ses élèves. Je crois que c’est la raison pour laquelle ces derniers ont du succès ; pensons à Charles Richard-Hamelin, à Xiaoyu Liu, à Émily Oulouisan. »

De son côté, M. Raymond ne tarit pas d’éloges pour son élève non plus ! «  Mon premier cours avec Zhan m’a permis de découvrir un jeune pianiste plein de promesses, talentueux certes, mais aussi curieux, intéressé et intéressant, indique-t-il. La suite des choses n’a fait que confirmer mes impressions. » Celui qui anticipe chaque leçon avec le même enthousiasme, semaine après semaine, dit avoir une relation respectueuse et pleine d’échanges nourrissants avec son élève, qu’il décrit dévoué, intelligent, sérieux, respectueux et intéressé par son art ; des qualités qui lui rendent certainement le travail agréable ! Il souhaite l’amener à ouvrir son esprit, ses horizons face à la musique et orienter ses opinions et décisions d’interprétation.


                         Photo © Alexandre Lirette

Zhan a aussi choisi le Conservatoire pour son infrastructure, qui est à son goût : «  C’est motivant, venir ici pour étudier, témoigne-t-il. C’est moderne, propre, l’atmosphère y est amicale, pas trop compétitive. La relation avec le maître y est également intéressante. Il faut quand même prendre le travail au sérieux et répondre aux attentes de son professeur, afin d’établir un lien de confiance et amical. », admet-il.

Photo © Alexandre Lirette

«  Si je devais conseiller un jeune qui hésite à parfaire l’apprentissage de son instrument au Conservatoire, je lui indiquerais que s’il envisage faire carrière en musique, c’est vraiment le bon endroit pour ça ; peut-être même le meilleur endroit au Québec et au Canada ! », souligne Zhan. «  Et s’il souhaite seulement étudier la musique pour le plaisir, c’est un bon endroit aussi ; l’atmosphère est propice au perfectionnement et stimule la créativité. »

Zhan Hnog Xiao et Manon Lafrance, directrice du Conservatoire de musique de Montréal | Photo © Alexandre Lirette

Une formation complète

Quant aux apprentissages réalisés au Conservatoire, Zhan nous a informés que M. Raymond, en plus d’enseigner le piano individuellement, a instauré un système de cours de groupe qui permet à ses élèves d’apprivoiser leur stress. Ils se réunissent les vendredis dans une salle de répétition, et trois d’entre eux présentent leurs pièces, tandis que les autres sont spectateurs. «  Cela nous donne l’occasion de jouer devant un public, ce qui n’arrive pas souvent, autrement. On a ensuite la chance d’entendre les critiques des autres élèves. C’est très enrichissant. », raconte Zhan. Cela lui a peut-être même donné la confiance qu’il lui fallait pour son passage à la 2e saison de Virtuose.

Une victoire qui a semblé facile

Le voir jouer, naturellement et avec autant de fluidité, portait à penser qu’il s’agissait pour lui d’un jeu d’enfant. Même si son professeur se doutait qu’il pourrait se rendre en finale – il savait qu’il réagissait positivement à la pression –, le fait que ce soit télévisé l’inquiétait davantage : chaque détail est amplifié. «  J’ai été particulièrement surpris par sa capacité à s’exprimer avec clarté et confiance. », souligne M. Raymond. Selon lui, c’est la première impression qui reste la plus importante : «  convaincre les juges d’aplomb, dès le départ. Le reste est une question de constance ».

Zhan Hong Xiao à l’émission Virtuose | Photo © Radio-Canada

Quant au virtuose, il nous a avoué que les concours auxquels il participe habituellement sont moins difficiles que son expérience à l’émission. Les publics y sont différents, entre autres. «  À l’émission, le public encouragé par un animateur de foule est survolté, et ça, ça peut nuire à la concentration. Dans un concours, ça ne crie pas autant. », témoigne-t-il.

À Virtuose, c’est toutefois la notion d’attente qu’il a trouvé plus difficile. Les candidats sont sur place vers 14 h pour les répétitions – ils répètent les déplacements, par exemple, afin qu’il n’y ait aucun accroc au moment du tournage ; il y a beaucoup d’aspects techniques – et le tournage, qui ne débute qu’en soirée, peut durer jusqu’à minuit. Ça fait donc de longues journées !

« On entend les autres candidats jouer avant nous, raconte Zhan, et ça peut être stressant, parce qu’ils sont tous forts. À la première ronde, j’étais le dernier à jouer, alors j’ai entendu tout le monde avant de passer, et ça faisait longtemps que je ne m’étais pas réchauffé ; la dernière fois remontait au début de l’après-midi puisqu’on ne peut pas se réchauffer juste avant notre performance. J’ai trouvé cela très difficile. », admet-il.

Un soutien hors pair de la part de son professeur

Par chance, M. Raymond a été auprès de son élève durant tout le processus. «  Il m’a accompagné à travers les trois rondes de l’émission, à chaque tournage. C’est exceptionnel ; je lui en suis extrêmement reconnaissant, car il a déjà un horaire chargé ! »

Ce qui l’a aidé, aussi, c’est que les pièces qu’il a interprétées à l’émission, il les avait déjà maîtrisées l’année précédente ; il les avait pratiquées beaucoup pour les examens et les concours. Le travail en a donc été un de révision des différentes pièces avant chaque ronde.

M. Raymond, pour sa part, n’a pas voulu nous dévoiler tous ses secrets concernant la préparation pour l’émission. « Un peu comme en sport, il faut de bons “ athlètes ”, dit-il, mais il faut également bien les diriger. C’est un travail d’équipe constant. Bien entendu, j’avais gagné en expérience dans mon implication, l’année précédente, avec Émily Oulousian, qui avait aussi remporté la palme. L’implication ne se fait pas seulement au niveau de la préparation de la prestation, mais dès le début des cours de maîtres avec Gregory Charles. Oui, j’ai certains trucs, mais les élèves doivent y répondre. C’est ce que Zhan a fait admirablement tout au long de la compétition. »

La rencontre et la reconnaissance des idoles

Zhan a beaucoup apprécié côtoyer les autres candidats ainsi que le milieu ; rencontrer de grands musiciens : Gregory Charles, Marc Hervieux, Gabriella. Les musiciens invités, également : Michel Rivard, Stéphane Tétreault, Alexandre Da Costa. «  Je me considère chanceux d’avoir pu rencontrer ces idoles grâce à ma participation à l’émission. »

Zhan Hong Xiao et Gregory Charles à l’émission Virtuose | Photo © Radio-Canada

« Quand on entre dans cette compétition-là, on ne sait pas à quoi s’attendre ! Maintenant que j’y repense, j’ignore si je le referais ! C’était éprouvant, mais j’en suis grandement satisfait. J’ai dû m’adapter, pour cette première expérience à la télé. Je suis content d’être passé au travers et de m’être rendu jusqu’à la fin, mais je suis surtout heureux des expériences que cela va m’apporter. Ça contribue à lancer ma carrière, un peu, avec les concerts de la tournée Virtuose. Ça n’est pas un concours conventionnel, mais l’influence qu’il a est encore plus grande ! », croit-il.

De son côté, M. Raymond soutien également que Virtuose est une belle initiative, qui permet aux jeunes talentueux de se faire valoir, mais aussi au grand public de prendre conscience de cette pépinière de musiciens doués en musique classique. «  De grands lauréats de concours internationaux sont parfois oubliés et peu publicisés, ce qui est tout à fait déplorable. Cette émission démontre avec brio le savoir-faire de jeunes qui, autrement, resteraient peut-être injustement dans l’ombre. » Il tient d’ailleurs à féliciter Gregory Charles, les juges, et toute l’équipe de l’émission.

Peu de temps libres pour le jeune artiste

Alors que se termine sa session au Conservatoire, la tournée Virtuose est déjà amorcée. En effet, celle-ci a débuté le 28 avril, au Palais Montcalm de Québec. Les virtuoses des deux premières saisons étaient réunis sur scène avec leur mentor, Gregory Charles, au grand bonheur des spectateurs. Quelques dates sont déjà confirmées pour cette tournée de spectacles qui se déroulera tout l’été, puis à l’automne. Laval, Gatineau, Sherbrooke, Saint-Hyacinthe, Sainte-Agathe-des-Monts seront visitées, et plusieurs autres villes sont à venir…

Durant le peu de temps libre que cela lui laisse, Zhan nous a indiqué qu’il écoute de la musique ; surtout du classique. Au fil du temps, ses goûts changent beaucoup. Lorsqu’on l’a rencontré, il disait aimer les compositeurs de la période romantique, du 19e siècle. «  Ce sont ceux qui me touchent le plus, car cette période était celle du piano, où les grands compositeurs comme Chopin, Liszt, Schumann, ont créé des œuvres dans lesquelles transparaissent leurs émotions. Il y avait moins de contraintes dans les compositions, et on le sent dans leur musique ; c’est passionné, plein de fougue. Ça me touche vraiment ! »

S’il écoute d’autres styles, il se tourne vers la musique populaire plutôt lyrique, chantante, comme Céline Dion, Adèle. Il s’amuse aussi parfois à jouer au piano quelques-unes de leurs chansons pour se détendre quelques minutes, se changer les idées. «  Ça pourrait aussi m’aider durant la tournée avec Gregory, car la première partie se composera de nos pièces solos, classiques, mais la deuxième sera faite des demandes du public. Il pourrait s’agir de musiques de films ou autres chansons populaires… Ça élargira mon répertoire également ! »

Et cela pourrait le mener bien loin ! Mais ce sont surtout son talent et tout le travail, l’attention et la persévérance qu’il met dans la pratique de son instrument qui détermineront ce que l’avenir lui réserve… Dans dix ans, avec son instrument, Zhan s’imagine parcourir le Québec, bien sûr, mais il se voit aussi jouer à l’international. «  Vivre de mon art, c’est ce qui me rendrait le plus heureux ! », conclue-t-il. Nous le lui souhaitons ardemment !

Marc Lalonde, directeur général du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec, Zhan Hong Xiao, Richard Raymond et Manon Lafrance | Photo © Alexandre Lirette

Photo © Alexandre Lirette


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    Dernière modification 21 décembre 2018 - 2018-12-21
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