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Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec

Historique

Le Conservatoire, une révolution tranquille

Nous sommes en 1942, c’est la guerre, le Québec est dans une période d’ouverture au plan politique et le nouveau premier ministre, Adélard Godbout, précurseur de la Révolution tranquille, adopte plusieurs mesures progressistes, dont celle qui consiste à accepter la proposition du célèbre chef d’orchestre Wilfrid Pelletier, qui veut créer ici un Conservatoire comme il en existe un à Paris, à Bruxelles et à Bologne.

Cet artiste d’origine modeste s’est taillé une place d’exception aux États-Unis, parmi les plus grands musiciens de son temps. C’est un pédagogue naturel et un promoteur passionné des talents musicaux de son Québec natal. Constatant la pénurie de musiciens d’expérience, il décide d’user de son influence pour susciter la création d’un Conservatoire, appuyé en cela par des collègues convaincus. Grâce à leurs démarches insistantes, ainsi qu’à l’ouverture d’Adélard Godbout et de son équipe, naît la Loi instituant le Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec. Un an plus tard, en mars 1943, l’établissement ouvre ses portes. C’est la toute première école d’État en Amérique à se consacrer à l’enseignement professionnel de la musique…

Pourtant, il y avait déjà plus de 60 ans que des musiciens chevronnés demandaient en vain qu’une telle institution nationale soit créée. Calixa Lavallée, l’illustre compositeur du Ô Canada, l’avait lui-même désiré ardemment… sans succès. C’est donc par une heureuse conjoncture que le Conservatoire voit le jour en 1942, dotant le Québec d’un établissement spécialisé, laïque et gratuit, dans un continent de langue anglaise et à une époque où le clergé avait acquis un pouvoir dans presque toutes les sphères de la vie publique. La nouvelle institution préludait à une nouvelle époque.

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Le Conservatoire, un centre de rayonnement en musique et en théâtre

En effet, le Conservatoire allait prendre le relais des écoles de musique disséminées dans les couvents et les collèges, et servir de levier pour faire rayonner l’art et les artistes québécois, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Fidèle à la tradition des grands conservatoires européens, inspiré aussi par le dynamisme de la jeune société québécoise, l’enseignement prévalant au Conservatoire allait se caractériser par un certain nombre de traits considérés au fil des ans comme des valeurs essentielles.

Parmi ces traits, notons qu’en musique, on assure une formation professionnelle continue, du niveau élémentaire jusqu’à la maîtrise universitaire, et qu’en art dramatique on offre le niveau supérieur, équivalent au baccalauréat universitaire. Dans les deux cas, on valorise la relation maître-élève et un accompagnement personnalisé. Ajoutons que le Conservatoire se réserve le choix des candidats pour sélectionner les plus prometteurs.

En janvier 1944, moins d’un an après l’ouverture du Conservatoire de musique de Montréal, on assistait à l’ouverture du Conservatoire de Québec, dont Wilfrid Pelletier assura également la direction, partageant désormais son temps entre Montréal, Québec et New York, où il continuait sa carrière flamboyante.

Il aura fallu attendre encore 10 ans pour que le volet théâtre de l’institution soit mis sur pied. De nouveau, il y eut quelques coups d’épée dans l’eau avant que l’idée se concrétise et, cette fois encore, Wilfrid Pelletier joua de son influence et de sa renommée pour faire avancer la cause des arts au Québec. Il intercéda auprès de Maurice Duplessis, redevenu premier ministre, et le 13 décembre 1954, le Conservatoire d’art dramatique de Montréal accueillait sa première classe, 12 garçons et filles qui allaient apprendre le métier sous la direction éclairée de Jan Doat. Chaleureux, généreux et audacieux, Doat fut le premier d’une série de directeurs de grande compétence qui ont contribué à écrire les plus belles pages de l’histoire du Conservatoire de Montréal. Jean Valcourt succéda à Jan Doat en 1957. Grâce à ses efforts, la ville de Québec obtenait à son tour, en 1958, son Conservatoire d’art dramatique.

À l’instar de la section musique, la section art dramatique met l’accent sur l’élève, l’accompagnement et l’enseignement. « La matière, disait Jean Valcourt, c’est le professeur, et le programme, c’est l’élève ». Dans cette institution, on peut aujourd’hui s’initier tout autant à la scénographie et à la mise en scène qu’à la confection de costumes, au doublage ou encore au jeu cinématographique et télévisuel. Comme les finissants en musique, ceux d’art dramatique sont réputés pour leur créativité, leur rigueur, leur fine connaissance des classiques ainsi que leur capacité d’adaptation à toutes les situations et à tous les répertoires. On dit que ce sont de véritables « athlètes de l’émotion » !

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Une institution incontournable

Au cours des années 60, dans les écoles d’art, la Révolution tranquille se vit pour ainsi dire aux premières loges. Le Conservatoire connaît alors une phase d’ébullition. De jeunes artistes à la recherche de nouveaux modes d’expression occupent la scène et insufflent à notre dramaturgie un dynamisme extraordinaire. Le Conservatoire, vénérable institution inspirée des traditions européennes, en est tout secoué, mais s’adapte et adopte une approche novatrice tout en continuant d’inculquer aux jeunes l’intégrité et l’opiniâtreté qui en feront des artistes accomplis.

Quant aux élèves en musique, plusieurs d’entre eux utilisent leur formation classique comme un tremplin pour entreprendre une carrière dans le jazz, la chanson populaire ou la musique de film. Oscar Peterson et François Dompierre furent de ceux-là. C’est aussi à cette époque que la direction du Conservatoire choisit d’étendre sa présence partout au Québec, afin de satisfaire les aspirations des jeunes talents et de doter le pays d’une structure forte. En 1964, les établissements de Trois-Rivières et de Val-d’Or ouvrent leurs portes, avec à leur tête des musiciens-professeurs qui ont profondément marqué les coins de pays où ils ont œuvré. Edgar Davignon à Val-d’Or et Czeslaw Kaczynski à Trois-Rivières ont laissé le souvenir d’êtres exceptionnels, entièrement voués à leur art et à leur enseignement. En 1967, année de l’Exposition universelle de Montréal, c’est au tour de Gatineau d’avoir son Conservatoire. Dès le début, il connaît un grand succès ; la même année, il est suivi de Saguenay, qui innove en établissant des liens de collaboration très fertiles avec les autres établissements d’enseignement de la région. Enfin, en 1973, naît à Rimouski le plus jeune de nos établissements de musique. Ce « petit dernier » relève le défi d’assurer un enseignement supérieur à l’immense région de l’Est maritime du Québec.

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Dernière modification 8 décembre 2016 - 2016-12-08
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